Jour 13. Une autre chose pour lesquelles je les ai bassinés, je voulais voir le Mékong. C'est quand même le fleuve le plus connu d'Asie, qu'on trouve dans les romans et dans les films. Je ne m'attends pas aux magnifiques bras tortueux encadrés de rizières en étages avec des petits bonhommes à chapeaux pointus (Bonjour le cliché!) mais je voulais juste le voir pour le principe. Autant trouver un truc à voir en même temps, alors devinez ce qu'il y a sur le Mékong? Sors son micro de présentatrice américaine et d'un grand mouvement de bras, sur un ton théâtral : Mékong Iiiiiiiiislannnnnd !
Nous partons pour celle de Koh daich. C'est à environ 10 kilomètres de Phnom Penh. L'île est habitée par des fabricants de soie et des tisserands. Il n'y a pas de routes ou de pont pour aller sur l'île. Il faut prendre des bateaux ou un bac. Pendant la saison sèche, une plage apparaît, parfaite pour les pique-niques et barbecue. Je vous laisse deviner, c'était pas la bonne saison pour moi.
Passant et repassant dans la rue, nous trouvons le chemin menant au bac. Enfin je vois la route, puis l'eau.... Est-ce une falaise? Nooooonnnnn stop la voiture. En fait c'est une descente et ça descend sec. A part l'homme et le conducteur, tout le monde s'accroche à son siège. Depuis la banquette arrière, on ne voit absolument pas où l'on va, à part du vide. Stress intense, on n'est pas rassuré du tout. Le bac arrive, pose sa passerelle à même la pente de terre et décharge ses passagers. On embarque, voitures, tuk-tuk, scooters, playmobil, en avant les histoires.
| La croisière s'amuse. |
Une fois sur l'île, on a suivi les petits panneaux jusqu'à un élevage de vers à soie. Ça ressemblait pas du tout à ce que je pensais. En arrivant, il y a un petit jardin avec de vieux chars à bœufs et des huttes sur pilotis.
Voila les petits vers à soie. En fait ça ressemble plutôt à des petites chenilles et du coup c'est pas trop dégueu et ça fait pas trop flipper. Elles vont se gaver de verdure comme des oies spécial foie gras.
Maintenant qu'elles ont le bidon bien rempli et grandi, elles vont se tisser des petits cocons. A partir de là, soit on les laisse faire leur vie, se développer, devenir des papillons et ils partent se reproduire. Soit on ouvre leur chrysalide au bout de 5 à 8 jours pour leur voler la soie. C'est un long fil qui se déroule tout seul et très solide.
| Oui j'ai osé le tripoter, c'est tout mou. |
Une fois le cocon déroulé, il y a la soie de première qualité, et la soie de seconde qualité. La première c'est le fil doré au centre du cocon. Et la seconde, c'est le fil terne autour du cocon, qui part en cacahuète et le retient dans les branches. Ils sont suspendus, en attendant d'être teint.
Les fils sont teints et mis à sécher avant d'être enroulés sur des bobines. J'ai vu de vieux rouets dignes de la belle au bois dormant avec la petite roue et la quenouille.
Voila les tisseuses. Sur leurs métiers à tisser, elles fabriquent de superbes étoles. Il y a des pédales en dessous pour bouger les fils. En fait, je ne saurais pas expliquer le système mécanique comme ça, mais la dernière vidéo que j'ai tenté de mettre en ligne n'a pas fonctionnée. (Oui je suis une quiche avec la technologie).
Il y a une petite ménagerie. Un oiseau bizarre qui parle, un porc-épic géant,
un varan, un écureuil, etc...
Face à la ménagerie, à côté des métiers à tisser, il y a "la boutique souvenir". Les 3/4 des produits sont fabriqués sur l'île.
En ressortant, on passe par un petit jardin, sous une arche de fleurs. Je me suis fait un copain sur la route. Petit chaton sans queue, qui ne devait pas souvent recevoir d'amour, n'a jamais ronronné aussi fort de toute sa vie.
Au bout du chemin, on trouve des tables, des hamacs, des huttes, des chats, des chiens, et la vue sur le Mékong (et une piscine directement avec l'eau du fleuve). C'est l'heure de manger ! Les animaux viennent participer pour nous aider à finir les assiettes.
| Nouvelle copine |
| Photo souvenir du dernier jour |
Musée S21
Je n'avais pas proposé la visite de ce musée, car 1) je n'étais pas sûre qu'il soit intéressant et 2) je n'étais pas sûre qu'ils aient envie de retourner dans les horreurs de la guerre. Et bien je reconnais que c'était très instructifs. Alors je précise que les photos sont interdites. J'ai encore joué la clandestine. Certaines salles sont vides, certaines servent à des expositions temporaires.
Le musée était un lycée qui fut transformé en prison en 1975. On y enferma tous les opposants du régime quelque soit le motif. Homme, femme, bébé, étaient incarcérés sans distinction. Ministres, ouvriers, enseignants, parfois même le simple fait de porter des lunettes ou de parler une langue étrangère, et vous étiez considérés comme intellectuel et donc opposant. En arrivant, ils étaient tous photographiés avec un carton numéroté puis attaché par les pieds à une barre de fer.
Dans certaines salles, on voit leur lit et les barres où ils étaient attachés. Dans un autre bâtiment, on déambule au milieu des cellules. Celles en bois, celles en briques... Toutes les salles de classes sont reliées entre elles par des trous dans les murs.
Dans les salles du haut, des panneaux explicatifs nous racontent le long procès des khmers rouges et les biographies des Principaux dirigeants sous Pol Pot. On trouve aussi les témoignages des survivants. Ce qu'ils ont enduré et comment ils ont survécu. Je reconnais par contre, aussi instructif que cela soit, qu'à la fin j'ai sauté quelques panneaux. Je n'en pouvais plus de lire. Surtout que c'était en anglais et que je ne suis pas bilingue. Je comprends, mais au bout d'un moment, j'avais du mal à me concentrer.
Les salles du bas exposent les photos d'une partie des victimes. De longs panneaux emplis de visages et de numéros. Un peu plus loin, ce sont des vêtements ou encore des outils de torture et la façon dont on s'en servait que l'on découvre. Des photos des camps de travail et des charniers, le fameux barrage visité quelques jours plus tôt. La dernière salle expose des ossements récupérés de ces charniers. On peut observer de nombreux crânes, tous ornés d'un trou causé par les balles dues aux exécutions massives. Il y a un autel pour ceux qui veulent laisser une prière ou une offrande. Il y a une petite pancarte "n'attrapez pas de pokémons dans cette salle". Je n'ai pas osé faire de photo dans cette salle là.
Koh Pich, l'île du mariage
Après un bon repas dans un buffet à volonté, nous partons remettre un peu de gaieté sur l'île du mariage. C'est une île plutôt récente, sur le bras du Tonlé Bassac. On y trouve des salles de réception et surtout une fête foraine. On s'est promené sous les lumières des manèges, puis on a joué aux fléchettes. J'ai même crevé des ballons, VICTOIRE !!! Pour les photos, celles avec de supers effets lumières lasers, il y avait de la crème solaire sur la lentille. Pas de magie désolée, vive le gras de jambon comme on dit. Et les deux dernières photos toutes nettes, je les ai volées à l'homme.
Et voilà, il est temps de plier bagages et boutiques, vers un nouveau pays et une nouvelle aventure.
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