samedi 25 mars 2017

Sur la route, pigeon es-tu là?

Jour 5, dernier jour à Battambang. Ce matin, on teste??? Le coiffeur!!!! J'ai envie de chanter la vieille chanson des betteraves "tueur de coiffeur". C'est horrible, si vous la connaissez, vous l'avez en tête et vous êtes en train de vous crier mentalement "tueur de coiffeur!!!!!" D'abord monsieur, pas très courageux, qui ne coupe qu'un pauvre centimètre. Facture : 2 dollars. On change de salon, à mon tour. C'est parti pour le shampoing massage. LA grosse différence de chez nous (ok c'est le prix, 4 versus 35 y a pas photo) c'est le petit siège. Vous voyez quand vous avez la tête en arrière et le cou tout cassé, que vous avez envie de leur dire "plus vite là, je souffre". On m'amène derrière un petit paravent (ouhhhh discretos comme une VIP) où se trouve des tables de massage. Allongée, je me laisse poupouiller le crane comme un bébé. La coupe maintenant! J'ai demandé 3 centimètres, les pointes en fait. La chef les trouve trop abîmés, elle veut couper un peu plus. Je me dis pour 5 ou 6cm c'est pas trop grave alors allons-y. AAAHHHHH en fait c'est comme chez nous, au moins 10 cm d'envolés là! Où est ma touffe?! Elle est tellement fière de coiffer une française qu'elle nous prends en photo. Le dégradé est bien fait mais je suis triste pour mes cheveux. Enfin j'ai pas envie de lui briser le cœur alors je lui dis que je suis contente. 4 dollars ma petite coupe. Bon je vous avoue que sur le moment j'ai eu les boules, je me suis consolée avec "c'est que des cheveux, ça pousse vite". Finalement les jours d'après en les laissant en libre service, ça me plait bien, ça les fait onduler. 

L'homme il a déjà eu son massage et il en redemande!!!
On est pépère là.....


On reprends la route pour notre étape suivante, Siem Reap et Angkor wat. Profitons de cette journée sans grande aventure pour une mini leçon de géographie. Le Cambodge est le plus petit pays d'Asie du sud-est. Les grandes villes sont toutes concentrées autour du grand fleuve (et surtout méga lac) du Tonlé Sap et aussi du Mékong. La majorité de ses frontières est composée de montagnes escarpées. Une partie de sa jungle n'a pas encore été explorée (ça veut dire encore plein de trésors cachés!! *musique d'Indiana Jones*). Le Tonlé Sap est simplement fascinant. Je vous expliquerais son fonctionnement unique dans le morceau où j'ai vogué dessus. 
Sur la carte (la jolie d'internet), on voit les routes principales, en rouge, le long du Mékong, le long du delta, et en petit cercle autour du Tonlé Sap. 


En rose, c'est tout notre voyage pour les 15jours. Battambang est juste en face de Siem Reap mais il n'y pas de route directe. On doit remonter jusqu'à Sisophon au nord, puis redescendre. 

Ma petite carte dans mon guide.
Unique photo de Sisophon, vestige express de notre passage


Après 4h de route (moi j'ai oublié, j'ai demandé à l'homme) où l'on a surtout comaté, nous voilà à Siem Reap. On pose les bagages, et on part vers le marché de nuit pour manger un bout. Je prends mon premier tuk-tuk! En France, on le prononce "touk touk" mais en fait c'est "tok tok". Mon conseil c'est "ne prenez jamais le tuk-tuk sans masques". C'est hyper pollué, certains endroits sentent la pollution. A Phnom Penh, j'ai même VU le nuage de pollution. Le masque n'enlèvera pas l'odeur, mais il diminuera nettement les sensations de grattements dans la gorge en retenant une grande majorité des particules. Les tuk-tuk ne coûtent pas cher, entre 2 et 3 dollars selon la destination. Vous savez quoi??? J'ai trop kiffé! C'était trop bien la ballade de nuit dans les tuk-tuks. 



Le chauffeur nous dépose de l'autre coté du pont. On peut voir des guirlandes de lumières partout, c'est très vivant, rempli de touriste. On fait un petit tour dans les stands, c'est beau, ça brille, j'ai envie d'acheter mon premier souvenir. J'ai appris que seules les aigue-marines et les améthystes venaient encore des mines du Cambodge, tout le reste est importé ou en verre. Je trouve une bague magnifique, et un joli bracelet pour faire une parure et me la raconter en soirée. On dit qu'il ne faut avoir peur et honte de rien alors je raconte tout. Ça me coûte quand même mais c'est le jeu ma pauvre Lucette. Quand on visite un pays, on se fait toujours pigeonner au moins une fois, sinon c'est pas drôle. Le vendeur est super sympa. Il nous montre sa came, se tape l'amitié, sort son matos à gemme. Il nous fait une démonstration entre vraie pierre/fausse pierre, nous emballe, et nous emballe encore. La tête qu'il a tiré quand la machine montre la pureté de ma bague de fiançailles, et oui coco c'est du vrai! Bref on négocie, il nous fait un super rabais, encore plus que le "prix khmer" parce que je suis avec un local et que je suis gentille. Je repars avec ma parure, je suis trop contente. Mais le lendemain..... Et si la machine était truquée? Et si c'était du verre? C'était pas le premier prix quand même, même si ramener un bijoux avec des pierres "made in Cambodia" c'était dans ma liste de choses à faire. J'ai envie de courir me faire rembourser, mais je dois assumer et je garde mes doutes pour moi. Aujourd'hui je dirais que je ne suis pas sûre que ce soit du vrai, (peut-être même quasiment certaine) et c'est dur... Mais si jamais je découvre que oui c'est faux, je vais trop pleurer alors je garde juste un mini espoir de doute de non pigeonnage. Ah oui y aussi des gens qui essaient de vous vendre des mini serpents/scorpions/araignées en brochette à manger, ou alors il faut payer pour faire une photo. Bref, le Night Market = Pigeon de masse mais il faut bien faire tourner l'économie locale et acheter les souvenirs quelque part.

J'ai bien mangé quand même




vendredi 24 mars 2017

Kamping puoy, le barrage de la mort

Jour 4. On démarre par un petit tour au marché, un peu plus poussé cette fois. J'avais vu dans des reportages qu'au Vietnam, on mangeait de la viande de serpent, et que c'était vraiment bon. Je me suis dit qu'on en trouverait peut-être au Cambodge. Les poissons gigotent toujours, il y a des fruits que je n'avais jamais vu, et plus on avance, plus le marché est sans fin. Un poisson saute de son bac pour mettre un coup de boule dans mon mollet, et finir sur mes chaussures... Huummm je vais sentir bon. Au final on a trouvé tout ce qu'on voulait. C'était trop bon! Un petit goût de poulet. Ça y est, j'ai fait mon Koh Lanta de Battambang.








Etape suivante, détente au barrage de la mort. C'est un lieu très prisé des cambodgiens le week-end. Pour l'histoire, le lac a été creusé à la main, par des milliers de prisonniers sous les khmers rouges. Le but était de recréer un réservoir (façon Angkor Wat) pour irriguer les rizières alentour. Pendant un an, les pauvres cambodgiens ont creusé un bassin entre deux montagnes. Plus de 10 000 personnes sont mortes dans ces travaux, malnutrition, épuisement, maladie, et maltraitance. 





Selon que ce soit la saison sèche ou la saison des pluies, la lac peut passer de 6 à 19 kilomètres de long pour 2 kilomètres de large. En arrivant sur la digue, je vois de l'eau à perte de vue. C'est magnifique. Nous dépassons les anciennes et les nouvelles vannes. Il y a des petites maisons sur pilotis, et des marchands de nourriture tout le long. Je me demande comment comment ça tient debout, tellement certaines ont l'air au bord de l'effondrement ou de tenir dans le vide. On en trouve une pour poser nos fesses. On déploie les hamacs, et bonheur total, le calme, la vue. 

Notre expédition

Le tonton

Après une très longue pause hamac, et du grignotage local, on part faire un tour en bateau. Le batelier accepte de venir à la cabane, normalement nous aurions dû partir au ponton vers les vannes. Là, c'est la blague, en fait y a rien pour descendre au lac et au bateau. Du coup essaie de descendre entre 2 cabanes en se tenant à la perche du batelier. Une fois à bord la question est "vous êtes sûr qu'on va pas tomber en panne d'essence ou chavirer?" On s'éloigne du rivage petit à petit. Nous dépassons des cimes d'arbre et des toits de cabanes engloutis, des pêcheurs, demi tour à droite, et nous nous retrouvons au milieu d'un champs de lotus. Retour à la digue, le soleil se couche déjà. Il disparaît
 petit à petit derrière une montagne. On pourrait rester une éternité devant ce genre de paysage, mais les routes sont en mauvais état et non éclairées, les gens vont tous partir, il faut rentrer. 



























De l'autre côté des vannes, donc pas côté lac, on a aussi vu beaucoup d'enfants et de familles s'amuser et se baigner, avec d'immenses bouées noires rappelant des pneus. C'est un des lieux de rassemblements pour la détente du dimanche. Vu qu'il fait plus de 30 degrés, ça donne envie! 

jeudi 23 mars 2017

Phnom sampeu, singes et chauve-souris

Jour 3, la suite. Après avoir traversé pas mal de champs/rizières, nous voilà au sud de Battambang, au pied de la montagne. Phnom Sampeu est l'un des sites les plus connus de la région de Battambang. Pas pour son magnifique temple, ses singes et ses statues, mais pour son charnier et ses chauve-souris. Rassurez vous! J'ai fait la montagne en entier. Même un chemin qui, je ne suis pas sûre, soit censé être emprunté. Si vous êtes venu en tuk-tuk, il y a des gens en scooter qui peuvent vous emmener au sommet contre quelques riels (ou dollars). Je vous nargue, j'ai de la chance, on a fait toutes les vacances en voiture. 

Le premier palier, je n'ai pas pris les statues du zodiaque
même si j'aurais pu prendre juste le mien


Arrivé à mi-chemin de la montagne, premier arrêt. Il y a des statues d'animaux du zodiaque et une pagode. En continuant le chemin se divise, à droite ça remonte sur un bouddha doré, et à gauche le chemin descend. Nous avons commencé par le chemin descendant. Il y a des tableaux et des statues représentant des scènes de l'enfer ou de mort. 



Huuummmm la soupe du soir

Le mont crocodile
 Un peu plus bas encore, on arrive au fameux charnier. Il y a des moines priants, puis un petit sanctuaire avec des ossements. Des enfants nous servent de guide. Ils nous expliquent que les gens étaient menottés et emmenés en haut de la grotte, et jetés dans un trou où ils se fracassaient au bas de la grotte. En remontant, je prends le temps d'admirer le splendide paysage (même s'il sera encore plus beau un peu plus haut). De ce côté de la montagne, on aperçoit Phnom Krapeu, "le mont du crocodile". 





Les prisonniers étaient jetés de là-haut
Et tombaient ici, voire plus bas encore




On passe au tour du gros bouddha doré puis retour à la voiture, on va attaquer le sommet de la montagne. 







La pente est rude, assez angoissante pour moi. J'ai l'impression qu'on va passer à la verticale et que la voiture va repartir en arrière solo. Arrivée en haut, il n'y pas de place pour se garer, il faut faire un demi tour (où tout le monde aide car la marche de manœuvre est minuscule). Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas paniquer. On retourne au parking plus bas pour remonter à pieds. Je vous préviens, c'est après-midi montagnes russes. Les pagodes datent des années 60. 




Photo bancale















Il y a des singes partout, et beaucoup ont des petits bébés. La vue sur la province, les singes, les décorations des pagodes, tout m’émerveille. 





Nous empruntons un énième escalier pour descendre voir l'ancienne grotte à chauve-souris, elles ont déménagé un peu plus loin dans une autre grotte impossible d'accès, sans lumière et touristes. On remonte par le côté opposé, un escalier en moins bon état, sur le flanc non touristique de la montagne. C'est là que je me suis dit "est-on du bon côté, y a vraiment une fin au bout de ce chemin, il retrouve la pagode???" Effectivement, il y a un mini escalier au bout du chemin de montagne, un mini escalier avec de grandes marches raides et une mini rampe branlante et rouillée... Mais on y est ! Soulagement ! Retour au point Z (ou P comme pagode). 




En descendant la petite route qui mène à notre carrosse, on peut voir 2 canons, autres vestiges de la guerre.




De retour à la voiture, on prends la route de la Batcave et on en profite pour une une pause goûter. Enfin moi j'avais mes gâteaux dans mon sac, parce que des œufs de canards fécondés non merci. Plus le temps passe, et plus la foule arrive. La "rue" est pleine à craquer de touristes, scooters et tuk-tuk. Il est bientôt 18h30. Une chauve -souris éclaireuse sort de la grotte, puis une deuxième. Elles reviennent, ouvrant la voie à leurs comparses. On distingue 13 grandes colonies de chauve-souris au Cambodge. Celle ci en compte 6 500 000 (si je me souviens bien du chiffre sur le panneau). Elles partent se nourrir des insectes du Tonlé sap. On les a regardé s'envoler en ruban, zig zaguant ou se coupant en 2 parfois. Un flot continu qui dure plus de trente minutes (mais nous ne sommes resté que 15 minutes pour éviter le retour des autres spectateurs et la nuit trop noire). C'est un véritable balai aérien. Si vous voulez un petit conseil, ne vous postez pas juste devant la grotte, car ce n'est pas des gouttes de pluie que vous sentirez sur votre visage..... Mais bel et bien du pipi de chauve souris! (AHAH j'y ai pas eu le droit mais l'homme oui).